Un plan communal de sauvegarde peut être rédigé, arrêté et rangé sans que ceux qui devront l'appliquer sachent ce qu'il attend d'eux. SCOPIC, coopérative nantaise créatrice du serious game Twist®, et la Protection Civile de Loire-Atlantique ont annoncé leur partenariat les 16 et 17 septembre 2026. La Protection Civile se dote de Twist® pour le déployer auprès des collectivités du département, avec une offre au nom explicite : « Faites vivre votre PCS ! »
L'essentiel à retenir :- Le constat : un plan communal de sauvegarde peut être conforme sans que les élus, les agents ou les habitants sachent ce qu'il prévoit, ni quel rôle y tenir.
- Les partenaires : SCOPIC, coopérative nantaise qui a créé le serious game Twist®, et la Protection Civile de Loire-Atlantique, association agréée de sécurité civile forte de 716 bénévoles.
- L'offre : « Faites vivre votre PCS ! », 1 h 30 de mise en situation et d'échanges autour de Twist®, le jeu que la Protection Civile propose aux collectivités.
- La conviction commune : gérer une crise s'apprend à plusieurs, et un territoire préparé collectivement fait mieux face.
- Pour qui : les collectivités de Loire-Atlantique, pour leurs élus, leurs agents et leurs habitants, et plus largement pour les acteurs du territoire.
Deux métiers qui ne se recouvrent pas
Un partenariat n'a d'intérêt que si les deux partenaires savent faire des choses différentes. C'est le cas ici, et leurs deux annonces le soulignent : les expertises sont complémentaires.
La Protection Civile de Loire-Atlantique est une association agréée de sécurité civile, distincte de la fédération nationale dont elle est membre. Son rapport d'activité 2025 recense 716 bénévoles répartis dans 15 antennes locales, 16 salariés, une parité exacte entre femmes et hommes et une majorité de moins de 35 ans. Elle détient les quatre agréments de sécurité civile, qu'elle a été la première association à recevoir par délégation de sa fédération, en 2006. Elle secourt, elle forme, elle héberge, elle arme des postes de secours. Elle connaît le terrain parce qu'elle y est.
SCOPIC, qui édite ce site, est une coopérative nantaise (SCOP) spécialisée en gestion de crise, en communication, en concertation et en conseil stratégique. Nous écrivons les plans, nous animons la concertation, nous formons les cellules de crise, et nous avons créé le serious game Twist®, immersif et collectif, qui met les décisions à l'épreuve avant que la réalité ne s'en charge. Notre matière première, c'est la décision : qui décide, avec quelle information, sous quelle pression.
Ces deux mondes se rencontrent d'ordinaire le jour de la crise, ce qui est le plus mauvais moment pour faire connaissance. Le partenariat les réunit avant, au service des collectivités de Loire-Atlantique.
« Nous partageons une même conviction : gérer les crises, ça s'apprend collectivement. »
Protection Civile de Loire-Atlantique, annonce du partenariat publiée sur sa page LinkedIn le 16 septembre 2026
Trois raisons pour lesquelles une commune ne se prépare pas seule
Le plan est obligatoire, le plan n'est pas la préparation
L'article L731-3 du code de la sécurité intérieure impose le plan communal de sauvegarde à sept catégories de communes, prévoit qu'il est arrêté par le maire et exige, tous les cinq ans au moins, un exercice associant les communes et les services concourant à la sécurité civile. Notez bien d'où vient cette obligation d'exercice : elle est dans la loi elle-même, le décret n'en fixant que les modalités. Beaucoup de communes lisent la première partie de la phrase et s'arrêtent avant la seconde. Elles détiennent alors un document conforme et une organisation qui n'a jamais tourné. Le travail de rédaction du PCS et son entraînement périodique sont deux chantiers distincts, et le second est presque toujours le sacrifié.
La population n'est pas un public, c'est une ressource
Depuis sa rédaction en vigueur au 27 novembre 2021, l'article L724-1 du code de la sécurité intérieure prévoit que les réserves communales de sécurité civile appuient les services de secours quand les événements excèdent leurs moyens habituels, et ajoute qu'elles peuvent contribuer à la préparation de la population face aux risques. La réserve communale n'est donc pas seulement un réservoir de bras pour le jour J : le texte lui ouvre un rôle en amont. Encore faut-il qu'elle existe autrement que dans une délibération, et qu'elle rassemble autre chose que les bénévoles déjà engagés partout ailleurs. C'est un travail de participation citoyenne avant d'être un travail de sécurité civile.
Le jour venu, les renforts arrivent de gens qu'on n'a jamais vus
En janvier 2025, de fortes inondations touchent Saint-Nicolas-de-Redon. La commune active son plan communal de sauvegarde, et près de 60 bénévoles de la Protection Civile de Loire-Atlantique se mobilisent pour évacuer les habitants, ouvrir un centre d'hébergement d'urgence et accompagner les personnes vulnérables. Quand la commune et l'association se sont parlé avant, l'arrivée des renforts est une montée en puissance. Quand elles ne se sont jamais parlé, c'est une négociation en pleine crise, au pire moment.
Ce constat n'est pas propre à la Loire-Atlantique, mais le département dispose d'un point d'appui : la Protection Civile y a signé en 2025 une convention avec l'Association des Maires de Loire-Atlantique (AMF 44), portant notamment sur la prévention des risques, l'accompagnement des plans communaux de sauvegarde et la formation. Le partenariat avec SCOPIC y ajoute un outil pour faire vivre ces plans auprès de ceux qui les appliqueront : le serious game Twist®.
« Faites vivre votre PCS ! » : 1 h 30 pour se mettre en situation
L'offre « Faites vivre votre PCS ! » est la forme concrète du partenariat. Elle repose sur Twist® : équipée du jeu, la Protection Civile de Loire-Atlantique le porte auprès des collectivités du département. Le plan communal de sauvegarde y cesse d'être un document pour devenir une situation qu'on traverse ensemble : pendant 1 h 30 de mise en situation et d'échanges, les participants sont confrontés à un scénario de crise, questionnent leurs réflexes et cherchent ensemble les réponses.
La séance s'adresse aux élus, aux agents ou aux habitants, en petit ou en grand groupe selon l'événement. Dans son annonce, la Protection Civile résume ce que le jeu permet en quatre verbes.
Se mettre en situation
Un scénario de crise pose le décor. Les participants ne regardent pas une présentation : ils sont dedans, avec ce que la situation a d'incertain.
Réfléchir ensemble
Chacun questionne ses propres réflexes, puis le groupe confronte les réponses possibles. Ce qui paraissait évident à l'un ne l'est pas toujours pour son voisin.
Prendre des décisions
Le scénario appelle des choix. Trancher en groupe sur une crise fictive prépare à le faire le jour où elle sera réelle, sans en subir les conséquences.
Comprendre le rôle de chacun
Les échanges éclairent qui fait quoi en cas de crise. Le plan communal de sauvegarde n'est plus un document rangé : chacun voit mieux ce qu'il attend de lui.
Un plan se connaît en le vivant
Un plan communal de sauvegarde peut être complet, à jour et conforme, et rester inconnu de ceux qui devront l'appliquer. Le jeu ne remplace ni le plan ni sa révision : il le rend concret. Élus, agents et habitants en ressortent avec une idée plus claire du rôle de chacun, et c'est le pari que font ensemble SCOPIC et la Protection Civile : plus un territoire se prépare collectivement, mieux il fait face.
Élus, agents, habitants : à chacun sa séance
Le format se règle sur le public et sur l'événement, autour d'une table en petit groupe ou en grand groupe. Les mêmes 1 h 30 ne produisent pas le même effet selon qui s'assoit autour du plateau.
Avec les élus : le maire arrête le plan communal de sauvegarde et en dirige la mise en œuvre. Une séance avec le conseil municipal met à l'épreuve la chaîne de décision : qui est prévenu, qui tranche, qui parle aux habitants, et dans quel ordre.
Avec les agents : ce sont eux qui feront tourner l'organisation prévue par le plan, de l'accueil aux services techniques. Jouer un scénario avant de le vivre leur permet de découvrir leur rôle ailleurs qu'en pleine crise.
Avec les habitants : le plan prévoit l'alerte et les consignes, mais ce sont les habitants qui les reçoivent et les appliquent. En grand groupe, la séance fait de la préparation une expérience partagée plutôt qu'une information de plus.
Une séance de jeu ne remplace pas un exercice en conditions réelles. Nous avons détaillé ailleurs ce qui sépare le tabletop de l'exercice grandeur nature : les deux sont nécessaires, ils ne mesurent pas la même chose. Pour éprouver un plan de bout en bout, l'exercice de crise prend le relais.
Quatre pièges que nous voyons dans presque toutes les communes
Confondre le classeur et la capacité. Un plan à jour, imprimé, indexé, ne dit rien de la capacité à l'appliquer. La seule mesure honnête est l'exercice, et il révèle presque toujours que l'annuaire est périmé et que deux personnes clés n'ont jamais ouvert le document.
Créer la réserve communale sans lui donner de mission. La délibération est prise, la liste est constituée, puis rien. Une réserve qui ne s'entraîne pas et qu'on ne convoque jamais finit par se dissoudre d'elle-même. Il lui faut un rôle en temps calme, pas seulement une place dans l'organigramme de crise.
Réserver la préparation aux services techniques. La crise arrive par l'état civil, par l'école, par le CCAS, par l'accueil. Une préparation qui ne concerne que les services techniques et le cabinet du maire laisse dehors la moitié de ceux qui décrocheront le téléphone.
Informer les habitants une fois, dans un document. Le DICRIM est une obligation utile, et il ne suffit pas. L'information descendante ne crée pas de réflexe : c'est l'expérience, même simulée, qui laisse une trace. C'est tout l'objet de la culture du risque, et la raison pour laquelle nous passons par le jeu plutôt que par la brochure.
Votre collectivité est en Loire-Atlantique ?
Une séance « Faites vivre votre PCS ! » dure 1 h 30 et se cale sur l'événement que vous organisez, en petit ou en grand groupe, avec vos élus, vos agents ou vos habitants. Parlez-nous de votre commune, ou rapprochez-vous de la Protection Civile de Loire-Atlantique. Deux portes, un même partenariat.
À qui s'adresse ce partenariat
Aux communes de Loire-Atlantique. Celles qui sont soumises à l'obligation de plan communal de sauvegarde y trouvent de quoi passer du document à la mise en situation. Les autres, souvent les plus petites, y trouvent une entrée à leur échelle : on peut commencer par une séance de 1 h 30 avec le conseil municipal ou les agents avant d'engager quoi que ce soit d'autre.
Aux intercommunalités, qui portent depuis la loi du 25 novembre 2021 le plan intercommunal de sauvegarde et découvrent qu'il ne se résume pas à l'agrafage des plans communaux. Nous avons fait le point sur l'état d'avancement des PICS : l'échéance est proche et le retard est général.
Plus largement, aux acteurs du territoire. Au-delà des élus, des agents et des habitants, le format peut être proposé à tous ceux qui auraient un rôle à tenir si la crise arrivait.
Pour une collectivité située hors de Loire-Atlantique, notre parcours territoire et notre offre de gestion de crise pour les collectivités présentent les accompagnements que nous proposons, serious game compris.
Questions fréquentes
Pourquoi une commune aurait-elle intérêt à travailler avec une association agréée de sécurité civile ?
Parce qu'elle apporte ce qu'une commune ne peut pas maintenir seule : des équipes formées et disponibles, un encadrement de bénévoles, des moyens d'hébergement d'urgence et de soutien aux populations. Une association agréée de sécurité civile est habilitée par l'État pour concourir aux missions de sécurité civile aux côtés des services publics, sur quatre types d'agrément selon les missions exercées. L'intérêt de la connaître avant la crise est simple : le jour où le plan communal de sauvegarde est activé, la montée en puissance se fait sur des relations existantes plutôt que sur des présentations improvisées.
Qu'est-ce que l'offre « Faites vivre votre PCS ! » ?
C'est la forme concrète du partenariat entre SCOPIC et la Protection Civile de Loire-Atlantique. L'offre repose sur Twist®, le serious game immersif et collectif créé par SCOPIC, dont la Protection Civile se dote pour le déployer auprès des collectivités du département. Une séance dure 1 h 30, mise en situation et échanges compris : les participants sont confrontés à un scénario de crise, questionnent leurs réflexes, prennent des décisions et comprennent mieux le rôle de chacun. Elle s'adresse aux élus, aux agents ou aux habitants, en petit ou en grand groupe selon l'événement, et peut être proposée plus largement aux acteurs du territoire.
Ce partenariat remplace-t-il le plan communal de sauvegarde ?
Non, et rien ne le remplace. Le plan communal de sauvegarde reste une obligation légale pour les communes visées par l'article L731-3 du code de la sécurité intérieure : il est arrêté par le maire, et sa mise en œuvre doit faire l'objet d'un exercice au moins tous les cinq ans. L'offre « Faites vivre votre PCS ! » agit sur un autre terrain : faire vivre le plan auprès de ceux qui l'appliqueront. En 1 h 30 de jeu et d'échanges, élus, agents ou habitants se mettent en situation et comprennent mieux ce que le plan attend d'eux. Un plan que personne ne s'est approprié reste un document conforme et inopérant.
Une petite commune sans obligation de PCS est-elle concernée ?
Oui. L'obligation ne vise que sept catégories de communes, mais toutes connaîtront un jour une coupure d'électricité durable, une tempête, une canicule ou un incident sur un axe routier. Le partenariat s'adresse aux collectivités de Loire-Atlantique pour développer la culture du risque et mieux se préparer aux situations de crise. Une commune non soumise à l'obligation peut commencer par une séance de 1 h 30 avec son conseil municipal et ses agents : elle suffit souvent à faire apparaître qui décide, qui prévient les habitants isolés et où sont les clés des bâtiments. Ce que la séance révèle décide de la suite, pas l'inverse.
Le partenariat est-il ouvert en dehors de la Loire-Atlantique ?
Le partenariat annoncé les 16 et 17 septembre 2026 vise les collectivités de Loire-Atlantique, le territoire de la Protection Civile de Loire-Atlantique. Une collectivité située dans un autre département peut découvrir le serious game Twist® et les accompagnements de SCOPIC sur ce site : Twist® se joue aussi en dehors de ce partenariat, avec les organisations que nous accompagnons en gestion de crise et en culture du risque.