CAF = Centre d'Accueil des Familles. Dispositif ORSEC NOVI pour accueillir les familles de victimes (blessées, décédées, disparues) en attente d'informations officielles, à l'abri de la pression médiatique.
Définition et raison d'être
Le CAF (Centre d'Accueil des Familles) est un dispositif opérationnel prévu par le volet NOVI du dispositif ORSEC pour accueillir les familles de victimes lors d'événements collectifs majeurs (attentats, accidents de transport, catastrophes industrielles). Il a été particulièrement consolidé dans la doctrine française à la suite des attentats de 2015 et 2016.
Sa raison d'être est triple :
- Protéger les familles de la pression médiatique et de la curiosité publique aux abords du sinistre.
- Garantir la qualité de l'information diffusée aux familles, en évitant les rumeurs et les démentis croisés.
- Coordonner les démarches administratives, judiciaires et psychologiques en un point unique.
Distinction critique avec le CARE/CAI
Le CAF n'est pas destiné aux personnes impliquées non blessées (qui relèvent du CARE ou CAI). Il accueille les familles à distance : parents, enfants, conjoints, proches qui apprennent l'événement et se rendent sur place ou dans le département pour chercher des informations sur leurs proches.
Cette distinction est essentielle pour :
- Éviter que les familles inquiètes envahissent le CARE et perturbent l'accueil des impliqués.
- Permettre une communication adaptée aux familles (parfois informations difficiles, parfois retrouvailles).
- Concentrer les ressources judiciaires (procureur, identification) au bon endroit.
Qui pilote le CAF
Pilotage assuré par un binôme renforcé par rapport au CARE :
- Un cadre préfectoral de haut niveau : sous-préfet, directeur de cabinet du préfet, voire préfet en personne pour les événements majeurs. Il garantit l'autorité de l'État et la fiabilité de l'information.
- Un cadre de l'aide aux victimes : procureur de la République ou son délégué, représentants des associations agréées d'aide aux victimes (France Victimes, INAVEM, FENVAC en cas d'événement collectif majeur).
Acteurs systématiquement présents au CAF : psychologues de la CUMP, officiers de gendarmerie ou de police pour le recueil d'informations d'identification, parfois médecin légiste en relais discret pour les questions d'identification de victimes.
Les 5 missions du CAF
1 · Accueillir dans un lieu protégé
Choix d'un site distinct du CARE et du PMA, généralement plus éloigné du sinistre, sécurisé par des forces de l'ordre, protégé de la pression médiatique. Le site est pré-identifié dans le plan ORSEC départemental (hôtel, centre administratif, salle conventionnée).
2 · Diffuser des informations officielles validées
Information à intervalles réguliers par le cadre préfectoral et le procureur. Trois niveaux d'information :
- Information générale : bilan provisoire, dispositif activé, prochains points.
- Information collective : listes anonymisées des personnes prises en charge (sans détail individuel).
- Information individuelle : communication confidentielle à chaque famille, dans un espace privé, sur la situation de leur proche identifié.
Aucune information ne doit être diffusée aux médias avant qu'elle ait été communiquée aux familles.
3 · Soutenir psychologiquement
La CUMP intervient au CAF pour :
- Soutien psychologique de premier niveau aux familles en attente.
- Accompagnement des annonces difficiles (identification, décès).
- Prise en charge des manifestations aiguës de détresse (crises, sidération).
- Orientation vers un suivi psychologique post-événement (CMP, libéraux, associations).
4 · Faciliter les démarches administratives
Point unique pour :
- Déclaration du proche disparu / impliqué (formulaire, identification).
- Accès aux dispositifs d'aide aux victimes (FGTI, fonds de garantie en cas d'attentat).
- Information sur la procédure d'identification, le rapatriement, les démarches d'état civil.
- Référent unique pour la famille pendant toute la phase aiguë.
5 · Articuler avec la justice
Le procureur ou son délégué au CAF :
- Informe sur l'ouverture d'enquête, ses modalités, ses délais.
- Coordonne avec l'Unité Médico-Judiciaire d'Identification des Victimes de Catastrophe (UMJ) en cas de décès.
- Organise la restitution des corps avec les Pompes Funèbres et les familles.
- Recueille les dépôts de plainte si applicable (attentat, accident impliquant des responsabilités).
À retenir : le CAF est un dispositif particulièrement sensible et exigeant car il combine information à des familles en détresse, gestion judiciaire en cours et exposition médiatique potentielle. Sa qualité dépend autant de la doctrine que de la formation préalable des cadres mobilisés.
Durée d'activation et bascule
Un CAF reste activé tant que des familles sont en attente d'informations sur des proches non identifiés ou non encore restitués. Durée typique : quelques heures à plusieurs jours. Pour des événements majeurs avec identification complexe (attentats, crash aérien), le CAF peut rester ouvert pendant 1 à 3 semaines, avec une montée en compétence progressive du dispositif (relais associatifs, suivi à distance).
À la clôture, relais par les associations d'aide aux victimes pour l'accompagnement de long terme (procédure pénale, indemnisation, suivi psychologique).
Comment Twist accompagne
Twist accompagne les collectivités et les préfectures dans le cadre du parcours territoire et du parcours entreprise (pour les exploitants exposés à un événement déclencheur de CAF) :
- Préparation du dispositif CAF : identification des sites, conventionnement avec les acteurs (préfecture, parquet, associations), articulation avec le plan départemental.
- Formation des cadres préfectoraux et procureurs : protocole d'annonce, gestion de l'émotion collective, communication aux familles.
- Exercices ORSEC NOVI : simulations grandeur réelle ou tabletops avec activation simulée de CAF, débriefing structuré.
- Articulation entreprise / CAF : pour les sites Seveso ou ICPE à risque, préparation des messages internes et de la coordination avec les autorités en cas de déclenchement.
Questions connexes
Le CAF accueille-t-il les amis et collègues, ou seulement la famille proche ?
Pas de restriction stricte : la doctrine ORSEC parle de "familles" au sens large, incluant conjoints, parents, enfants, frères et sœurs, mais aussi proches désignés (concubins, amis très proches, collègues en cas de groupe). Le critère est le lien affectif et le besoin légitime d'information, apprécié par les personnels d'accueil.
Une entreprise peut-elle ouvrir son propre CAF en parallèle ?
Non, le CAF est un dispositif préfectoral unique. Mais une entreprise touchée par un accident majeur (Seveso, transport) doit anticiper la mobilisation de ses propres équipes pour soutenir ses salariés impliqués et leurs familles, en articulation avec le CAF préfectoral. Cela relève de son POI et de sa communication de crise.
Quelle articulation avec les médias ?
Stricte séparation. Le CAF est un lieu fermé aux médias. La communication aux médias est gérée par la cellule communication préfectorale, dans un point presse distinct, avec un calendrier coordonné : aucune information aux médias avant qu'elle ait été communiquée aux familles. Voir notre méthode communication de crise.
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