CUMP = Cellule d'Urgence Médico-Psychologique. Dispositif national créé en 1995, déclenché par le SAMU, pour prendre en charge le traumatisme psychique des victimes, impliqués et témoins d'événements collectifs.
Origine et cadre réglementaire
La CUMP (Cellule d'Urgence Médico-Psychologique) a été créée par décret en 1995, à la suite de l'attentat du RER Saint-Michel à Paris, qui avait révélé l'absence de dispositif structuré pour la prise en charge psychologique d'urgence après un événement collectif. Le dispositif est inscrit dans le Code de la santé publique (articles D.6311-1 à D.6311-13) et constitue un volet essentiel du plan ORSEC NOVI (Nombreuses Victimes).
Le dispositif repose sur trois niveaux :
- Cellule départementale : une dans chaque département, adossée au SAMU.
- Cellule régionale : sept en France métropolitaine + outre-mer, qui renforcent les cellules départementales en cas d'événement majeur.
- Cellule nationale : animation pédagogique et doctrine, basée à Paris.
Composition d'une CUMP
Une CUMP départementale est composée de professionnels de santé mentale volontaires :
- Psychiatres : principalement hospitaliers, parfois libéraux.
- Psychologues cliniciens : hospitaliers ou libéraux, formés à l'urgence psychologique.
- Infirmiers psychiatriques : formés à la première écoute et à la stabilisation.
- Médecin coordonnateur : psychiatre désigné, responsable opérationnel de la cellule.
Tous sont volontaires, mobilisables 24h/24 et 7j/7, formés spécifiquement à la psychotraumatologie d'urgence. Effectif typique d'une CUMP départementale : 20 à 80 professionnels selon la taille du département.
Qui déclenche la CUMP
L'activation est décidée par le SAMU départemental :
- Soit sur demande du préfet, Directeur des Opérations de Secours, en cas de déclenchement ORSEC NOVI.
- Soit directement par le médecin régulateur du SAMU en cas d'événement collectif à fort impact psychologique.
- Soit en cas d'événement à fort impact psychique sans victime physique : suicide médiatisé en milieu scolaire ou professionnel, prise d'otages, drame familial collectif, mort d'un dirigeant, accident dans un transport public.
L'activation peut se faire en quelques minutes : la CUMP départementale dispose d'un système d'alerte des volontaires (SMS, applications dédiées) qui permet une mobilisation en 30 à 60 minutes.
Les 4 missions de la CUMP
1 · Intervention immédiate sur les lieux et dispositifs d'accueil
Déploiement sur :
- Le PMA (Poste Médical Avancé) : soutien des blessés sur place et de leurs proches.
- Le CARE ou CAI : prise en charge des impliqués en état de stress aigu.
- Le CAF : accompagnement des familles dans l'attente d'informations et lors des annonces difficiles.
Premier niveau d'intervention : defusing (écoute, réassurance, stabilisation), parfois debriefing (verbalisation guidée des éléments traumatiques) si les conditions s'y prêtent.
2 · Prise en charge précoce post-immédiate (24h à 72h)
Suivi des personnes orientées par la première intervention, dans les jours qui suivent. Objectif : prévenir l'évolution vers un état de stress post-traumatique (ESPT) en proposant des consultations spécialisées dans la fenêtre des 72 premières heures, période où la prise en charge est statistiquement la plus efficace.
3 · Orientation vers le suivi de long terme
Relais vers :
- CMP (Centres Médico-Psychologiques) publics.
- Psychiatres et psychologues libéraux formés à la psychotraumatologie.
- Associations spécialisées : France Victimes, INAVEM, FENVAC pour les événements collectifs, AVAC pour les accidents collectifs.
- Réseaux de psychotraumatologie : EMDR France, Réseau ALFEST, etc.
4 · Accompagnement des intervenants
Souvent oubliée, cette mission est essentielle : la CUMP propose un soutien aux personnels intervenants exposés : pompiers, gendarmes, policiers, médecins, infirmiers, secouristes associatifs, journalistes, voire élus locaux et agents communaux. Sessions de debriefing collectif, suivi individuel pour les cas les plus exposés.
À retenir : la CUMP n'est pas une psychothérapie. C'est un dispositif d'urgence psychiatrique qui vise à éviter les complications post-traumatiques en intervenant dans la phase aiguë. Le suivi de long terme relève d'autres dispositifs (CMP, libéraux, associations).
Articulation entreprise / CUMP
Pour les organisations qui font face à un événement traumatique (accident grave, suicide, attentat, agression interne, drame collectif), la CUMP peut être sollicitée via le SAMU. C'est notamment recommandé en cas de :
- Décès d'un collaborateur sur le lieu de travail (voir notre FAQ annoncer un décès en entreprise).
- Accident grave avec témoins multiples.
- Attaque externe (braquage, agression, attentat sur site).
- Suicide professionnel à fort impact sur les équipes.
L'entreprise complète l'intervention CUMP par :
- Une cellule d'écoute interne (avec un prestataire pré-conventionné de psychologie du travail).
- Une communication interne maîtrisée aux équipes (voir notre méthode communication de crise).
- Un accompagnement managérial dans les semaines et mois qui suivent.
Comment Twist accompagne
Twist accompagne les organisations sur l'articulation avec les dispositifs de santé mentale d'urgence :
- Préparation : identification des prestataires de soutien psychologique externes, conventionnement, protocole de mobilisation rapide.
- Articulation CUMP : cartographie de la chaîne d'alerte SAMU / CUMP, modèles de demande, accompagnement de la direction dans l'interface avec les autorités.
- Formation des managers : accueil de la parole en crise, signes d'alerte de stress aigu, orientation vers les bons dispositifs.
- RETEX psychologique : à 30 jours, 6 mois et 12 mois, pour mesurer l'impact durable et ajuster les dispositifs.
Voir notre page santé mentale et notre parcours entreprise.
Questions connexes
Une entreprise peut-elle solliciter la CUMP ?
Oui, indirectement via le SAMU. En cas d'événement traumatique en entreprise (décès collaborateur, agression, attentat sur site), appeler le 15 et signaler la situation. Le médecin régulateur évalue et déclenche la CUMP si pertinent. En parallèle, l'entreprise active ses propres prestataires de soutien psychologique conventionnés à l'avance.
Combien de temps la CUMP reste-t-elle mobilisée ?
La phase aiguë dure 48 à 72 heures. La phase post-immédiate s'étend sur 1 à 4 semaines selon l'événement. Pour des événements majeurs (attentats du 13 novembre 2015, crash de l'A320 Germanwings), la CUMP peut rester active sous forme allégée pendant plusieurs mois, avec relais associatif.
La CUMP est-elle gratuite ?
Oui, totalement. C'est un dispositif de santé publique financé par l'Assurance Maladie. Aucune participation financière n'est demandée aux personnes prises en charge, aux entreprises ou aux collectivités qui sollicitent son intervention.
Pour aller plus loin
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