CARE = Centre d'Accueil et de REgroupement. Dispositif prévu par le Plan ORSEC NOVI pour accueillir les impliqués non blessés d'un accident collectif. Activé par le DOS (préfet ou maire), piloté par un binôme sécurité civile / action sociale.
Définition et cadre réglementaire
Le CARE (Centre d'Accueil et de REgroupement) est un dispositif opérationnel prévu par le volet NOVI (Nombreuses Victimes) du dispositif ORSEC. Il vise à accueillir, recenser, soutenir et orienter les personnes impliquées non blessées ou très légèrement blessées d'un événement collectif : attentat, catastrophe industrielle, accident de transport (rail, route, avion), effondrement, incendie de grande ampleur.
Le CARE n'est pas un dispositif de soins (cela relève du PMA, Poste Médical Avancé), mais un dispositif d'accueil et de soutien social. Il s'installe dans un bâtiment public proche du sinistre : gymnase, salle des fêtes, école, complexe sportif. Le choix du lieu est généralement pré-identifié dans le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) ou dans les annexes ORSEC.
Qui active un CARE
L'activation du CARE est décidée par le Directeur des Opérations de Secours (DOS) :
- Le maire pour un événement à l'échelle communale (Code général des collectivités territoriales, articles L.2212-2 et L.2212-4).
- Le préfet dès que l'événement dépasse les capacités communales ou plusieurs communes (déclenchement ORSEC départemental).
- Le préfet de zone dans les cas exceptionnels (événement de grande ampleur, plusieurs départements).
Voir notre FAQ DOS vs COS pour le rôle des autorités de décision et notre FAQ qui décide d'évacuer une commune.
Qui pilote opérationnellement le CARE
La gestion opérationnelle du CARE est traditionnellement assurée par un binôme :
- Un cadre de la sécurité civile : officier SDIS, officier de gendarmerie ou de police, agent de protection civile. Il assure le commandement, la sûreté du site, la coordination avec les autres dispositifs ORSEC (PMA, CUMP, CAF).
- Un cadre de l'action sociale : responsable du CCAS communal, cadre de la Croix-Rouge française, de la Protection Civile, de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers. Il coordonne l'accueil humain, le recensement, le soutien social.
Les acteurs associatifs habituellement mobilisés : Croix-Rouge française, Protection Civile, Ordre de Malte, Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM) selon le contexte.
Les 5 missions du CARE
1 · Recenser et identifier
Première mission opérationnelle : tenir la liste des impliqués accueillis. Identité, coordonnées, lien avec l'événement, état apparent, besoins prioritaires. Cette liste est transmise en temps réel au COD (Centre Opérationnel Départemental) en préfecture pour articulation avec la liste des blessés (PMA), des décédés (médecin légiste) et des recherches familles (CAF).
2 · Abriter et nourrir
Mise à disposition d'un espace clos, chauffé ou ventilé selon les conditions, avec sanitaires, sièges ou couchages selon la durée d'accueil prévue. Approvisionnement en eau, en boissons chaudes, en repas si la durée dépasse 4 heures. Couvertures de survie, vêtements de rechange dans certains cas.
3 · Soutenir psychologiquement (premier niveau)
Le CARE n'est pas une cellule de soins psychologiques, mais ses personnels (notamment associatifs formés) assurent une écoute active de premier niveau et orientent vers la CUMP (Cellule d'Urgence Médico-Psychologique) les personnes présentant des signes de stress aigu. La CUMP peut intervenir au sein même du CARE ou disposer d'un espace dédié à proximité.
4 · Faciliter le contact familles
Mise à disposition de téléphones, de chargeurs, parfois d'accès Wi-Fi pour permettre aux impliqués de prévenir leurs proches. En cas de saturation des réseaux mobiles (fréquent en événement majeur), des lignes prioritaires peuvent être ouvertes. Articulation étroite avec le CAF (Centre d'Accueil des Familles) qui accueille en parallèle les familles à la recherche d'informations.
5 · Organiser le réacheminement
Une fois la situation stabilisée et les besoins individuels qualifiés, le CARE organise :
- Le retour à domicile pour les impliqués autonomes (transport pris en charge si nécessaire).
- L'hébergement d'urgence pour ceux ne pouvant rentrer (sinistrés sans domicile temporaire, voyageurs sans solution).
- Le relais médical ou social pour ceux nécessitant un suivi prolongé.
Distinction essentielle : le CARE accueille les impliqués, c'est-à-dire les personnes présentes lors de l'événement et non blessées (ou très légèrement). Les blessés sont pris en charge par le PMA (Poste Médical Avancé). Les familles à la recherche d'informations sont accueillies au CAF (Centre d'Accueil des Familles). Voir notre FAQ comparative CARE vs CAI vs CAF.
Combien de personnes peut accueillir un CARE
Un CARE typique est dimensionné pour accueillir 50 à 300 personnes simultanément. Pour des événements majeurs (attentats du 13 novembre 2015, accidents de masse), plusieurs CARE peuvent être activés en parallèle ou un CARE renforcé peut dépasser 500 places. La logistique est alors mutualisée avec d'autres dispositifs préfectoraux.
Durée d'activation d'un CARE
Un CARE reste activé tant que tous les impliqués n'ont pas été pris en charge et orientés. Durée typique : quelques heures à 48 heures. Pour des événements majeurs avec déplacement de populations sinistrées, le CARE peut basculer en centre d'hébergement d'urgence pour plusieurs jours, avec relais des services sociaux départementaux.
Comment Twist accompagne sur les CARE
Twist accompagne les collectivités et acteurs associatifs dans le cadre du parcours territoire :
- Préparation du dispositif : identification des sites pré-armés, conventionnement avec les associations agréées sécurité civile, intégration dans le PCS communal.
- Formation des équipes communales : rôles, articulation avec les acteurs externes, gestes premier niveau.
- Exercices ORSEC NOVI : simulations grandeur réelle ou tabletops avec activation simulée de CARE, débriefing structuré.
- Culture du risque : sensibilisation de la population locale au dispositif via le serious game Twist.
Voir notre page gestion de crise pour le cadre général.
Questions connexes
Quelle différence entre CARE, CAI et CAF ?
CARE et CAI désignent souvent le même type de dispositif (centre d'accueil des impliqués non blessés), avec quelques nuances de doctrine. CAF accueille spécifiquement les familles à la recherche d'informations sur leurs proches. Voir notre FAQ comparative.
Qui finance le fonctionnement d'un CARE ?
Les frais sont initialement avancés par la commune (mise à disposition du bâtiment, fluides) ou les associations agréées. La préfecture rembourse via les crédits d'aide aux victimes ou les fonds d'indemnisation selon la nature de l'événement (attentat, catastrophe naturelle). Les coûts d'hébergement d'urgence prolongé sont pris en charge par les services sociaux départementaux.
Un événement de masse en entreprise peut-il déclencher un CARE ?
Oui, dans le cadre d'un accident industriel grave (PPI Seveso) ou d'un événement collectif sur un site (incendie majeur, attentat). L'entreprise n'active pas elle-même le CARE (c'est une décision préfectorale), mais doit l'anticiper dans son POI et son plan de communication. Voir notre FAQ PPI Seveso.
Pour aller plus loin
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