Trois niveaux opérationnels distincts. La frontière incident/crise est une décision de l'organisation. La frontière crise/catastrophe est dictée par les faits.
Trois niveaux distincts
Bien nommer les choses, c'est bien commencer à les piloter. La distinction entre incident, crise et catastrophe n'est pas qu'académique : elle déclenche (ou pas) l'activation d'instances spécifiques, l'allocation de moyens, la communication externe, la traçabilité juridique.
| Niveau | Définition | Réponse |
|---|---|---|
| Incident | Événement maîtrisé par les procédures normales | Mode opératoire courant, pas d'instance dédiée |
| Crise | Dépasse le mode opératoire normal — un engagement vital remis en cause | Activation cellule de crise, traçabilité, communication |
| Catastrophe | Excède les capacités locales d'intervention | Mobilisation préfecture, État, sécurité civile, voire international |
Les trois critères de bascule incident → crise
La frontière incident/crise est une décision de l'organisation. Trois questions binaires permettent de trancher en moins de 5 minutes :
- Intégrité physique : l'événement remet-il en cause la sécurité physique de personnes (collaborateurs, usagers, riverains, citoyens) ?
- Continuité critique : l'événement remet-il en cause la continuité d'une activité essentielle (production, distribution, soin, paie, alimentation, eau, énergie) ?
- Exposition publique : l'événement crée-t-il une exposition publique imminente (réseaux sociaux, presse, autorités, plainte, fuite) ?
Une seule réponse OUI = activation cellule. La règle est binaire pour qu'elle soit applicable sous stress. Voir notre article les 60 premières minutes d'une crise.
Sous-qualifier coûte cher. En RETEX, l'erreur la plus fréquente n'est pas la sur-qualification (cellule activée pour rien) mais la sous-qualification (cellule activée trop tard). Le retard à la qualification est l'un des marqueurs principaux de la faute caractérisée.
La bascule crise → catastrophe
La frontière crise/catastrophe est dictée par les faits, pas par une décision. On parle de catastrophe quand la réponse dépasse les capacités locales et requiert la mobilisation de moyens extérieurs : appel à la sécurité civile nationale (FORMISC, UIISC), engagement de moyens militaires, intervention de l'État, coordination interministérielle (COD à la préfecture, COZ à la zone, COGIC au niveau national).
Xynthia (2010), AZF (2001), Lubrizol (2019), Notre-Dame (2019) sont des catastrophes : l'échelle des dégâts ou des moyens mobilisés excédait clairement la capacité de réponse de l'organisation initialement concernée.
Questions connexes
Qui décide qu'on bascule de l'incident à la crise ?
La décision revient au plus haut niveau présent (dirigeant exécutif, maire, suppléant désigné dans le PCA). Trois critères binaires suffisent : intégrité physique des personnes, continuité d'une activité critique, exposition publique imminente. Une seule réponse OUI = activation.
Une situation peut-elle redescendre de crise à incident ?
Oui, et c'est le rôle de la phase de sortie de crise. La désactivation de la cellule est une décision aussi structurée que son activation : elle se trace, se communique, et fait basculer en RETEX. Voir notre pilier sortie de crise.
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