Face à l’intensification des risques climatiques, la manière de concevoir les politiques publiques évolue. L’appel à projets lancé en 2026 par l’Agence Nationale de la Recherche encourage une approche nouvelle : croiser expertise scientifique, action publique et savoirs citoyens dès l’amont. C’est dans cette dynamique que le consortium porté par le CEREMA et Nantes Métropole propose d’expérimenter la co-construction d’un diagnostic de vulnérabilité face au risque inondation. Aux côtés de ces acteurs, Twist contribuera à structurer une méthode opérationnelle pour faire dialoguer connaissances techniques et expertise d’usage.
L’essentiel à retenir :
- Le contexte : l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) lance en 2026 un appel à projets pour expérimenter la co-construction des politiques publiques entre recherche, administrations et citoyens.
- Le consortium : porté par le CEREMA et Nantes Métropole, il propose de co-construire un diagnostic de vulnérabilité face au risque inondation en croisant expertises scientifiques et savoirs citoyens.
- Le rôle de Twist : apporter ses compétences en participation citoyenne et en culture du risque pour structurer la déclinaison opérationnelle du projet.
- L’enjeu : 2/3 de la population française vit en zone exposée à un risque climatique, mais seul 1/3 sait à quel risque elle est exposée. La co-construction du diagnostic est un levier pour combler cet écart.
- Calendrier : réponse de l’ANR attendue à l’été 2026.
Appel à projets ANR : comment co-construire les politiques publiques avec la recherche ?
C’est le titre de l’appel à projet lancé en 2026 par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), pour lequel le CEREMA et Nantes Métropole nous ont proposé d’intégrer nos compétences de vulgarisation et de participation citoyenne au service de leur proposition.
La démarche de l’ANR poursuit plusieurs objectifs :
- faire émerger de nouvelles coopérations entre recherche et administrations dans une logique de co-construction ;
- intégrer ces coopérations dès la conception des politiques publiques ;
- renforcer le rôle des scientifiques dans la transformation de l’action publique.
Face aux dérèglements climatiques : pourquoi développer une culture du risque partagée ?
C’est le sens que nous donnons lorsque nous accompagnons les territoires et les entreprises avec les parcours Twist, dont les méthodes s’appuient entre autres sur les travaux du CEREMA. Car le constat scientifique est unanime : les changements climatiques auront une incidence forte sur les risques naturels (canicules, sécheresses, inondations, etc.).
Face à cette réalité dont les conséquences s’accélèrent ces dernières années, en témoignent par exemple les inondations majeures dans les Hauts-de-France (2023, 2024), en Ille-et-Vilaine (2025, 2026), dans les Pays-de-la-Loire (2026), l’adaptation aux changements climatiques doit elle aussi se développer plus rapidement. Au-delà des solutions à développer en matière d’aménagements du territoire, partager une culture du risque auprès de toutes les parties prenantes d’un territoire est aussi un enjeu majeur.
Développer une culture du risque partagée permet notamment :
- d’anticiper l’augmentation des événements climatiques extrêmes ;
- de mieux coordonner les acteurs d’un territoire ;
- de renforcer la capacité collective à rebondir après une crise.
Nous le rappelons : 2/3 de la population française vit dans une zone exposée à un risque climatique, mais seul 1/3 sait à quel risque elle est exposée. La diffusion d’une culture partagée du risque passe notamment par la connaissance de l’exposition et des vulnérabilités locales.
Diagnostic territorial : pourquoi croiser les expertises scientifiques et citoyennes ?
Dans le cadre de leurs compétences, les communes et intercommunalités produisent des diagnostics de vulnérabilité, majoritairement fondés sur des expertises techniques. Si ces diagnostics sont parfois partagés, ils sont rarement co-produits avec les habitant·es et la société civile.
Cette approche uniquement technique présente plusieurs limites :
- les perceptions des acteurs locaux sont peu prises en compte ;
- l’expertise d’usage est sous-valorisée ;
- les observations et connaissances locales sont insuffisamment intégrées.
Pourtant, les habitant·es vivent et expérimentent leur territoire. Penser leur place dans la construction d’un diagnostic permettrait de croiser les données scientifiques avec les pratiques et perceptions locales, et d’améliorer la connaissance des vulnérabilités face au changement climatique.
Cette approche pour croiser les regards est par exemple un parti fort de la Ville de Nantes en matière de prévention des risques et de gestion des crises. Dans le cadre de la démarche « Faire face aux crises ensemble » animée par les équipes de Twist pour la collectivité, nous avons accompagné un panel citoyen dont les réflexions ont été prises en compte techniquement et politiquement pour alimenter sa feuille de route en la matière.
Expérimenter la co-construction d’un diagnostic de vulnérabilité : quels objectifs ?
C’est l’intention de la proposition portée par le CEREMA en partenariat avec Nantes Métropole dans le cadre de l’appel à projet de l’ANR. Portant sur le risque inondation, le projet défendu par le consortium se fonde sur 2 hypothèses :
- le croisement des savoirs techniques et citoyens doit permettre d’améliorer le diagnostic ;
- une participation élargie à l’élaboration du diagnostic de vulnérabilité et à sa co-production favorise leur appropriation par les citoyens et la culture du risque, la mobilisation et la responsabilisation des acteurs locaux.
Partageant pleinement cette approche et fort de 20 ans d’expérience auprès des entreprises et des collectivités dans leur transformation face aux transitions, l’équipe de Twist participera aux échanges méthodologiques avec le consortium et l’appuiera dans sa déclinaison opérationnelle.
Ce projet porté par le consortium s’inscrit dans une volonté commune de faire évoluer les méthodes de conception des politiques publiques, en rapprochant expertise scientifique, action publique et participation citoyenne. En expérimentant la co-construction d’un diagnostic de vulnérabilité, l’ambition est de poser les bases d’un modèle reproductible pour les territoires confrontés aux risques climatiques.
La réponse de l’Agence Nationale de la Recherche est attendue cet été. Nous suivons cette échéance avec attention et espérons que cette proposition sera retenue afin de pouvoir tester concrètement cette approche, en mesurer les effets et contribuer à faire progresser les pratiques de prévention des risques.
Dans tous les cas, cette dynamique confirme l’intérêt croissant pour des politiques publiques plus ouvertes, plus collaboratives et mieux ancrées dans les réalités territoriales. Une évolution que nous continuerons à accompagner aux côtés des acteurs engagés.
Développer la culture du risque sur votre territoire ?
Twist accompagne les collectivités et les intercommunalités dans la sensibilisation aux risques, la participation citoyenne et la préparation aux crises. Parlons de votre contexte.
Échanger avec TwistQuestions fréquentes
Qu'est-ce qu'un diagnostic de vulnérabilité climatique ?
Un diagnostic de vulnérabilité climatique identifie les zones, les populations et les infrastructures les plus exposées aux conséquences du changement climatique sur un territoire donné (inondations, canicules, submersions, mouvements de terrain). Il croise des données scientifiques (aléas, projections climatiques) avec des données territoriales (occupation des sols, réseaux, activités économiques). La co-construction consiste à y intégrer aussi les savoirs d'usage des habitants et des acteurs locaux.
Pourquoi impliquer les citoyens dans un diagnostic de vulnérabilité ?
Les diagnostics de vulnérabilité sont majoritairement fondés sur des données techniques. Or les habitants vivent et expérimentent leur territoire au quotidien : ils connaissent les zones qui s'inondent en premier, les chemins praticables en cas de crise, les publics isolés. Intégrer cette expertise d'usage permet d'affiner le diagnostic, de mieux identifier les vulnérabilités réelles et de favoriser l'appropriation des résultats par la population.
Qu'est-ce que la culture du risque et pourquoi est-elle importante ?
La culture du risque désigne l'ensemble des connaissances, des comportements et des réflexes qu'une population partage face aux risques auxquels elle est exposée. En France, deux tiers de la population vit en zone exposée à un risque climatique, mais seul un tiers sait à quel risque elle est exposée. Développer cette culture permet d'anticiper les crises, de mieux se coordonner et de renforcer la capacité collective à rebondir après un événement majeur.