Associer la population à la gestion de crise : un nouveau chantier pour les collectivités ?
Tandis que l’exposition aux risques n’a cessé de s’accroître ces deux dernières décennies sur nos territoires, elles commencent – quoi qu’encore timidement – à interroger le rôle et la place que pourraient demain prendre les habitant·es dans la gestion de crise, au-delà du règlementaire (cf notre dernier article consacré à ce sujet). On parle à la fois de favoriser une culture du risque partagée, en accroissant la sensibilisation aux risques, mais aussi de les rendre acteur·rices à part entière, notamment en matière de solidarité.
Cette mise en mouvement, c’est ce qu’a choisi de faire la Ville de Nantes, une collectivité avancée en matière de culture du risque, sur un territoire particulièrement vulnérable aux conséquences du changement climatique. En 2024, son département « Mise en Sécurité des Populations » a décidé d’accélérer la marche et d’interroger concrètement les nantais·es afin d’imaginer ensemble leur implication à l’heure de crises en cascade. Pour ce faire, elle a sollicité SCOPIC afin de l’épauler dans la conception et animation d’une démarche de dialogue citoyen.
Comment impliquer la population dans la gestion de crise ?
Pendant 6 mois, un groupe de citoyen·nes – constitué sur la base d’un appel à volontaires puis d’une sélection affinée pour garantir la pluralité des contributions – a planché sur le sujet, avec comme boussole deux questions :
> Face aux prochaines crises – naturelles, sanitaires, humanitaires, industrielles – à Nantes, quels principes se donner pour développer une culture du risque locale ?
> A quelles conditions pourrions-nous être mieux associé·es à l’anticipation, geste de crise, et transformation/réparation après crise ?
Pour y répondre, SCOPIC a mobilisé :
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- l’expertise du sociologue des catastrophes Benoit Giry – enseignant chercheur à l’IEP de Rennes – pour offrir un cadre propice à une montée en connaissances sur des enjeux complexes ;
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- notre créativité pour favoriser l’expression de préconisations par le groupe. Nous sommes notamment passé·es par le jeu (« serious game ») pour mettre le groupe en situation réelle et susciter de nouvelles réflexions.
Toutes ces contributions ont nourri une feuille de route opérationnelle visant à renforcer la culture du risque sur le territoire nantais, en agissant sur l’information, la coordination, la solidarité et la participation citoyenne.
Les avantages d’une telle démarche sont multiples :
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- mettre les participant·es en situation de crise,
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- partager des expériences, perceptions et idées,
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- identifier collectivement des leviers d’action concrets, qui partent des réalités du quotidien.
Quels enseignements tirer de la participation citoyenne à la gestion de crise ?
La démarche menée à Nantes illustre bien comment une participation citoyenne structurée, intégrant des outils innovants comme le serious game, peut transformer la perception et la gestion des risques sur un territoire. Elle a d’ailleurs été distinguée par le Prix national de la participation 2025 organisé par Décider Ensemble.
Plus largement, les contributions du groupe ont permis d’affirmer 3 points clés sur la participation citoyenne dans la gestion de crise :
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- le besoin de ne pas uniquement être informé,
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- mais d’être davantage associé à la prévention,
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- et de contribuer activement à la gestion de crise et aux retours d’expérience post-événement.
Ces constats font écho aux travaux de la sociologie des catastrophes. Lors de son intervention auprès du panel, Benoit Giry a notamment expliqué que les catastrophes n’étaient pas des événements isolés mais bien qu’elles bouleversent les structures sociales et révèlent l’importance des interactions, des solidarités et des capacités collectives à agir ensemble.
Les territoires qui sauront mobiliser leurs habitant·es, structurer la solidarité et intégrer les enseignements de chaque crise disposeront d’un avantage durable pour affronter les crises à venir, notamment celles liées au changement climatique. Construire un futur résilient suppose donc de :
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- reconnaître les habitant·es comme des acteurs à part entière,
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- capitaliser sur l’expérience collective,
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- inscrire la culture du risque dans le temps long des politiques publiques.
Vous souhaitez être accompagné·e pour initier ce type de dynamique sur votre territoire ou votre commune ?
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